La méthode des indices combinés

Fertility chart. Naprotechnology.Se nomme également la méthode sympto-thermique à indices multiples ou le planning familial nature (PFN). Il s’agit pour la femme de collecter les indices de sa fertilité (c’est-à-dire la température, la glaire cervicale et la position du col utérin) afin de déterminer ses périodes fertiles et infertiles. Pendant les périodes fertiles, le couple doit utiliser soit une autre méthode de contraception associée (préservatif, spermicides,…), soit l’abstinence.

A noter qu’il existe des formatrices de cette méthode. Certaines sages-femmes sauront également vous accompagner, à condition qu’elles soient formées elles-mêmes à la méthode.

Efficacité

L’efficacité théorique est très bonne. Cependant le taux d’échec pratique dépend vraiment de l’utilisation de chaque femme. Il faut qu’elle soit très attentive à son corps et ses modifications. L’indice de Pearl se situe donc entre 0,2 à 3. Cela n’a rien à voir avec la méthode Ogino ou la méthode des températures seule qui ont des taux d’échec très importants !

Avantages :

– L’innocuité et le coûtciclo mestruale
– Pour la femme, une meilleure connaissance d’elle-même par l’apprentissage des cycles inscrits dans leur corps
– Une entière indépendance dans la prise en main de la fertilité
– Peut être utilisée également comme aide à la conception lorsqu’une grossesse est souhaitée

Inconvénients :

– La méthode peut paraître astreignante
– Les périodes d’abstinence ou l’association à une autre méthode nécessaire
– Pas réalisable dans le post-partum immédiat
– Demande un apprentissage de la méthode

La méthode détaillée

Postulat de départ :
– après avoir quitté l’ovaire, l’ovule peut être fécondé pendant 10 heures au cours de ses 24 heures de vie,
– les spermatozoïdes, déposés dans le vagin de la femme, vivent de 3 à 5 jours lorsque la glaire cervicale est présente.

Les 3 indices majeurs de la fertilité à observer sont :

1. La température

Utiliser un thermomètre dédié à cet usage, si possible électronique, précision au centième.
Prenez votre température le matin à la même heure, après au moins 3 heures de sommeil et avant de vous lever, de boire, de fumer ou de faire un exercice quelconque.
La température par voie rectale ou vaginale est considérée comme la plus précise. Procédez toujours de la même façon durant tout le cycle.
Notez immédiatement votre température sur votre graphique (mettre un point au centre du carré correspondant). Reliez les points par un trait. En cas d’oublis, laissez ces carrés-là en blanc sans relier les points.
Inscrire toutes les causes possibles de modification de la température et de la glaire, transversalement au-dessus de la température : alcool, fièvre, infection, nuit froide, insomnie, coucher tardif, lever au cours de la nuit, stress, voyage, examens, exposition au soleil, médicaments ainsi qu’heure inhabituelle de prise de température.
Entourez les températures parasites.

Corrections de température

Si vous avez pris votre température à une heure inhabituelle, rectifiez, sachant que la température monte d’un carré (un demi-dixième) par demi-heure entre 4h et 11 h du matin. Donc :
– rectifiez vers le haut si la température a été prise plus tôt
– rectifiez vers le bas si la température a été prise plus tard que d’habitude.
Si vous travaillez la nuit et dormez durant la journée : prendre la température après le repos, au moment du réveil.

2. La glaire cervicale

Le soir, vous noterez sur votre graphique :
• la sensation de fertilité maximale éprouvée au cours de la journée,
• l’apparence de la glaire la plus fertile observée au cours de la journée.

Il y a trois types d’observation :

a. Sensations externes :

Quand la glaire de type fertile est présente, la femme éprouve une sensation de mouillé, de lubrification ou de glissement entre les lèvres externes de la vulve. Aux autres moments du cycle, elle se sentira sèche ou humide (ni sèche, ni mouillée). Le soir, elle notera selon le cas: sec, humide ou mouillé sur le graphique en se rappelant ce qu’elle a senti et non ce qu’elle a vu.

b. Observations externes :

Chaque fois que vous allez aux toilettes (avant et après avoir uriné), vous passez un papier de toilette sur l’orifice vaginal et observez la glaire recueillie. Vous notez sa consistance, l’impression qu’elle vous fait au toucher, sa couleur ainsi que la quantité. Vous pouvez par exemple utiliser l’un des qualificatifs suivants pour la décrire au cours du cycle : d’abord trouble, crémeux, jaunâtre, épais, collant (comme un vernis presque sec), cassant, …, puis élastique (qui s’étire), début de transparence, …, enfin tout à fait transparent, qui s’étire comme du blanc d’œuf cru, filant, parfois même comme de l’eau.
Parfois il faut quelques cycles pour vraiment reconnaitre sa glaire car si vous avez été sous pilule pendant des années, la glaire est très réduite ! Ensuite, c’est une vraie joie de sentir son corps tout au long du cycle.

c. Observations internes :

Vous pouvez aussi prélever de la glaire à hauteur du col de l’utérus, ce qui permet de détecter le début des sécrétions de glaire, jusqu’à 48 heures plus tôt qu’à la vulve.
Pour prélever la glaire directement au niveau du col de l’utérus, vous introduisez votre index et votre majeur dans le vagin, jusqu’au col utérin, vous écartez les doigts de chaque côté du col puis les joignez en touchant l’ouverture du col. Ensuite vous retirez vos doigts du vagin en les gardant joints et examinez la glaire recueillie, en écartant les doigts.

Sur votre graphique, vous notez :
• La sensation que vous éprouvez au niveau de la vulve :
S = sèche, H = humide (signe de glaire), M = mouillée (signe de glaire fertile). On peut avoir une sensation H ou M, même si la glaire n’est pas présente à la vulve.
• L’apparence à la vulve
Quand vous allez aux toilettes, vous examinez le papier avec lequel vous vous essuyez, surtout avant d’uriner, mais aussi après avoir uriné.
Types de glaire : Attention au premier changement
– Glaire de type peu fertile (début du cycle) : épaisse, collante, opaque, cassante, laiteuse, comme du vernis presque sec, grumeleuse …
– Glaire de type fertile : transparente, filante, comme du blanc d’œuf cru, peut être tout à fait liquide comme de l’eau.

Si vous avez eu une relation sexuelle la veille, l’humidité que vous ressentez peut provenir de cette relation :
Ne pas tenir compte des observations de la matinée.
Pratiquer l’exercice de Kegel au cours de la matinée : contractez les muscles du périnée qui entourent la vulve, une dizaine de fois successivement, vers le haut.
Faites une toilette intime à l’heure de midi.
Observez-vous l’après-midi.

3. Le col de l’utérus

L’indice du col n’est pas indispensable. Cependant si l’on souhaite une efficacité maximale, il est conseillé de vérifier la glaire au col les jours qui vont de la fin des règles à la première apparition de glaire ou d’humidité.

La vessie vide, vous examinez chaque jour le col de votre utérus, dans la soirée, de préférence à la même heure (pas après une relation sexuelle), et vous notez vos observations sur le graphique. N’oubliez pas de vous laver les mains avant cet examen.

Comment faire ?

Dans la position que vous préférez (accroupie, couchée ou debout, le pied posé sur une chaise), elle introduira l’index et le majeur dans le vagin et cherchera à toucher l’orifice du col de l’utérus. Cet orifice ressemble à une petite fossette.
Si utiliser 2 doigts vous semble trop compliqué, vous pouvez n’utiliser qu’un seul doigt, le majeur.
Cet examen peut être pratiqué par votre partenaire.
C’est un examen comparatif : il doit donc être pratiqué dans les mêmes conditions pendant tout le cycle : heure, position, doigts, personne … identiques.

 Le col sera
 En phase I (infertile)  Bas – Facile à atteindre – Fermé

Dur – comme le bout du nez

 En phase II (fertile)  Haut – Difficile à atteindre – Légèrement ouvert

Mou – comme les lèvres

 En phase III (infertile)  Bas – Facile à atteindre – Fermé

Dur – comme le bout du nez

Que remarquerez-vous ?

Le bord inférieur du col fait saillie, comme le bout du nez, que vous localiserez facilement dans le fond du vagin.Indices combinés

a) La position : c’est l’ascension du col que vous constaterez peut-être en premier lieu. Elle commence avec le début de la phase fertile. A son maximum, le col est très haut, parfois inaccessible. Le lendemain, il descend soudain vers sa position basse initiale. Vous indiquez un point ou un cercle en haut, en bas ou entre les deux dans la case prévue à cet effet.

b) L’ouverture du col est ressentie comme un creux. Il commence à s’ouvrir lorsque la phase fertile débute. Après l’ovulation, il revient à la situation de départ. Après un ou plusieurs accouchements, il ne se referme plus complètement, mais ses variations sont observables.

c) La consistance du col varie durant le cycle : il se ramollit progressivement avec l’approche de la fertilité (mais reste plus dur que la paroi du vagin). Brusquement, il reprend sa consistance de départ. Vous indiquez D (dur) ou M (mou) sur le graphique.

d) L’inclinaison. Le col est incliné vers la paroi du vagin, il se redresse dans l’axe du vagin au moment du pic d’œstrogènes et s’incline ensuite à nouveau. Pas d’indication spécifique sur le graphique.

Les indices mineurs de fertilité sont :

La douleur ovulatoire : douleur ressentie dans le bas-ventre, soit à droite, soit à gauche, qui dure soit 1 jour ou 2, soit quelques heures seulement. Cette douleur se perçoit vers le moment de l’ovulation, environ 2 semaines avant les règles.
Les pertes rosées inter-menstruelles : léger saignement dû à la chute du taux d’œstrogènes et se produisant vers le moment de l’ovulation, environ 2 semaines avant les règles.
Un gonflement de la vulve : perçu par certaines femmes vers le moment de l’ovulation.
Une tension des seins : certaines femmes ressentent une sorte de picotement, de tension des seins vers le moment de l’ovulation. Plus fréquemment, la femme éprouve une sensation de lourdeur ou de « plénitude» dans les seins, en fin de cycle, suite au niveau élevé de progestérone.
Une sensation de gonflement général : certaines femmes font de la rétention d’eau vers le moment de l’ovulation.
Un changement d’humeur : certaines femmes éprouvent des changements d’humeur et de libido à époques régulières au cours du cycle.

Interprétation du graphique

Aucun signe ne s’utilise seul. Il y a toujours au minimum une DOUBLE VERIFICATION DES INDICES MAJEURS.te

Le cycle se divise en trois phases :
A. Phase l : période préovulatoire : infertile.
B. Phase II : période ovulatoire : fertile.
C. Phase IlI : période postovulatoire : infertile.
Pour plus d’informations, reportez-vous à la page ‘Le cycle féminin et la fertilité’.

Calcul de la période infertile préovulatoire

Durant la phase I, on recommande de n’avoir des relations sexuelles que le soir, afin d’éviter que la présence de semence masculine dans le vagin ne « brouille» les observations de glaire au cours de la journée.

L’infertilité préovulatoire se termine lorsque le calcul de calendrier indique le dernier jour infertile :
• cycle ovulatoire le plus court des 6 derniers – 21 ou
• cycle ovulatoire le plus court des 12 derniers – 20
à condition qu’il n’y ait pas d’autre signe de fertilité (glaire, col)
On prend en compte le signe (glaire, calcul, col) qui vient en premier lieu.

Adaptations :
Si la longueur des cycles n’est pas connue, considérer la période fertile dès le début du cycle.
Si l’on ne connait pas la longueur d’au moins 6 cycles mais que l’on sait que les cycles ont toujours au moins 26 jours et qu’il y a eu une ovulation lors du dernier cycle, on peut considérer que le 5e jour du cycle est le dernier jour infertile de la phase I.
En cas de phases lutéales courtes, de cycles longs ou irréguliers, il est conseillé de remplacer le calcul de calendrier par un calcul basé sur la 1ère température haute des 12 derniers cycles moins 8. On détermine ainsi le dernier jour infertile de la phase I selon le calcul basé sur la 1ère température haute.
Exemple :
La température haute la plus précoce des 12 derniers cycles = jour 15.
15 – 8 = 7 → le 7ème jour est le dernier jour infertile de la phase I.

Calcul de la période fertile

Pour identifier la fin de la phase II, la température viendra confirmer les observations de la glaire et/ou les modifications du col de l’utérus.

1. Température

Recherchez le début de montée de la température à un niveau haut. Pour identifier plus facilement le décalage thermique (moment où la température décale et monte), tracez une ligne horizontale de gauche à droite ou ligne de cache.
La ligne de cache est la ligne, tracée sur une ligne du graphique, qui sépare les 6 derniers points précédant la montée de température et marqués 6,5,4,3,2,1. Si l’on posait une feuille sur le graphique juste au niveau de cette ligne, les points du niveau bas seraient cachés. Cependant, pour déterminer le niveau bas, ne tenez pas compte :
1° des températures parasites (entourez ces points d’un cercle),
2° des jours 1 à 4, sauf si la température commence à monter avant le jour 11 du cycle.
Cherchez 3 points consécutifs de température haute, et sans montée parasite, au-dessus de la ligne de cache. Il faut que le 3e point ait au moins 0,2°C de plus que la ligne de cache. Si ce n’est pas le cas, attendez un 4e point au-dessus de la ligne de cache.
Selon la température, le début de la phase III commence le 3e soir de température de niveau haut.

2. Glaire cervicale

Il y a deux sortes de glaire :
• Lorsque la glaire est filante (s’étirant comme du blanc d’œuf cru) glissante et/ou transparente et/ou si la femme éprouve une sensation de mouillé, on est en présence de glaire de type fertile.
• Toute autre sécrétion de glaire est de type moins fertile.

Vous chercherez à identifier le pic de glaire. Celui-ci correspond au dernier jour de glaire de type fertile (indépendamment de la quantité), c’est-à-dire de glaire filante, glissante et/ou transparente ou au dernier jour de sensation de mouillé.
En effet, le lendemain de ce jour, vous prendrez conscience d’un changement brusque : soit vous vous sentirez sèche, soit vous aurez de la glaire de type moins fertile. Le pic de glaire ne sera donc identifié que rétrospectivement.
Selon la glaire cervicale, le début de la phase III commence le soir du 3e jour après le pic de glaire.

3. Col de l’utérus (signe à utiliser seulement si on le souhaite)

Vers le moment de l’ovulation, le col de l’utérus remonte, se ramollit et son orifice s’entrouvre. Le jour du pic du col correspond au niveau de fertilité maximale : c’est le jour qui précède le jour où le col commence à descendre, se fermer et/ou durcir (changement brusque).
Selon le col de l’utérus, le début de la phase III commence le soir du 3e jour après le pic du col.

Calcul de la période infertile postovulatoire

L’infertilité postovulatoire commence :
le soir du 3e jour de température haute ou
le soir du 3e jour après le pic de glaire et/ou du col

On prend en compte le signe (température, glaire, col) qui vient en dernier lieu.
Sur le graphique, indiquez tous les jours fertiles par un F. Si les relations sexuelles ne peuvent commencer que le soir, coupez le carré en deux et inscrivez le F dans la partie du dessus.

Un graphique vierge sera prochainement imprimable sur cette page et ça sera à vous de jouer !

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